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الأحد، 2 يونيو، 2013

La disparition du chanteur Abdel Halim Hafez




Moins universel qu'Oum Kalsoum, musicalement moins savant qu'Abdel Wahab, vocalement moins doué que Farid Al-Atrache, Abdel Halim Hafez est pourtant une vache sacrée de la chanson arabe. «Ce n'est pas un chanteur aux moyens extraordinaires, mais il a une sensibilité à fleur de peau, un véritable sex-appeal dans la voix, explique la musicologue Soheir Abdel Fattah. Ses chansons sont courtes, plus faciles à retenir. Elles parlent des problèmes des jeunes: amour, mariage, argent" Il a su s'attacher les services d'excellents compositeurs et paroliers qu'il avait pour la plupart rencontrés au conservatoire de la musique arabe du Caire: Mohamed Al-Mougui, Ahmed Fouad Hassan, Kamel Al-Tawil, Baligh Hamdi, etc.» Les chansons d'Abdel Halim n'ont pas grand-chose à voir avec les interminables et extraordinairement complexes mélopées d'Oum Kalsoum. Il y a entre elle et lui la différence qu'il peut y avoir entre le chant et la chanson.



Incarnation d'un mythe. Alors que la plupart des autres grands chanteurs du siècle ont débuté sous la monarchie, Abdel Halim Hafez incarne la génération de la révolution des «officiers libres» de 1952. Arrivé sur scène au même moment que Nasser au pouvoir, il sera le chantre de la gauche, du nationalisme arabe et de la jeunesse. Son style déconcerte d'ailleurs à tel point que son premier concert à Alexandrie se solde par un flop retentissant. Mais, rapidement, le «Rossignol brun» prend sa revanche. Il impose son style: on passe des cabarets aux surboums, des tractions avant au scooter, du costume-cravate-tarbouche au blouson et col roulé. Originaire d'une famille de paysans pauvres de Halwat, dans l'est du delta, orphelin à 5 ans, «monté» comme tant d'autres au Caire pour faire fortune à la suite d'un chagrin d'amour, Abdel Halim est la parfaite incarnation des masses rurales parties à l'assaut des villes.




Très rapidement, l'industrie du cinéma voit en lui l'occasion de renouveler la comédie musicale. De 1953 à 1969, il tournera seize films dont, à défaut de chef-d'oeuvre, l'une des plus grosses recettes de l'histoire du cinéma égyptien, Mon père en haut de l'arbre (Habi fawq al-chagara, 1969), équivalent oriental de West Side Story, resté un an d'affilée à l'affiche. Car, sans être un grand acteur, Abdel Halim n'a pas la raideur de pied de micro de ses illustres aînés. Surtout, il est bien entouré: du ténébreux Mounir Serag à la belle Nadia Lotfi, avec qui il échange le plus grand nombre de baisers de l'histoire du cinéma égyptien dans Mon père en haut de l'arbre.




Mais son statut de star n'a pas épargné à Abdel Halim Hafez une fin de pauvre, terrassé à 48 ans par une bilharziose contractée lors de ses baignades d'enfance dans les canaux du Nil. Il a eu droit à un enterrement à la Nasser où son cercueil fut porté, submergé par des centaines de milliers de fans en pleurs. Le soir même et les jours suivants, la presse signala plusieurs dizaines de cas de suicide de jeunes filles éplorées. La légende veut qu'il n'ait eu que deux amours, malheureux de surcroît: une prof de musique de Zagazig qu'il ne put épouser faute d'argent; et une Alexandrine de bonne famille dont les parents lui ont refusé la main avant d'accepter" mais trop tard, puisque la jeune fille mourut avant le mariage. En fait, bien qu'aucun proche ne l'ait jamais confirmé officiellement, il semble qu'il ait été secrètement marié pendant trois ans à Soad Hosn, star étincelante du cinéma des années 60-70, aujourd'hui recluse et dépressive. Mais le célibat faisant partie de son mythe, Abdel Halim a fini par devenir prisonnier de son image de séducteur. Une réputation que les plus conservateurs tel le cheikh Kishk n'appréciaient pas particulièrement: ce célèbre prédicateur des années 70 l'avait un jour traité du haut sur de son minbar, de «pédéraste toxicomane».




Enjeux financiers. Aujourd'hui encore, le culte est vivace et tout fan se doit d'en connaître les hauts lieux. Dans le quartier chic et ombragé de Zamalek, la soeur de l'idole, Alleya Chabana, et ses enfants occupent toujours l'immense appartement délicieusement kitsch. Pas un paravent chinois n'a bougé, le couvre-lit jaune fluo est en place et, à côté du lit, trônent le téléphone, le poste de radio et le magnétophone professionnel, antédiluvien. A côté, la salle de bain de bellâtre oriental. Alleya, 72 ans et alitée, ne reçoit plus grand monde et se lasse de répéter toujours les mêmes souvenirs. C'est sa fille Zeinab qui fait visiter: «On ne fait pas entrer tout le monde parce que ce serait le défilé permanent. Tous les jours, deux ou trois personnes sonnent à la porte. Des Saoudiens, des Palestiniens, des Egyptiens, des jeunes, des vieux" surtout des femmes.» Le palier est couvert de graffitis: «Abdel Halim, mon amour, tu es vivant"» A Bassatine, dans l'immense Cité des morts, sa tombe remplie de photos et d'ex-voto reçoit une vingtaine de visites par jour.




D'autres ont compris les bénéfices qu'ils pouvaient tirer d'une telle popularité. Ainsi, le restaurant Al-Tabia, ouvert il y a un an à Mohandessin, le quartier des nouveaux riches, est entièrement consacré à la mémoire du chanteur dont les photos couvrent les murs. La rumeur cairote prétend que l'établissement occupe «la villa dans laquelle il avait l'intention d'emménager juste avant sa mort». Le patron laisse dire et encaisse les bénéfices. Vu le nombre de jeunes filles qui rêvassent en écoutant Abdel Halim et celui tout aussi élevé de taxis cairotes qui usent ses cassettes jusqu'à la corde, on comprend que les droits de ses chansons soient au centre d'une bataille juridique. Elle oppose la famille du chanteur à Magdi Al-Amroussi, propriétaire de Sawt Al-Fan, la compagnie de production qui exploite ses enregistrements.




Procès. Enfoncé dans son fauteuil, le crâne poli comme un vieux galet, Magdi Al-Amroussi porte un blouson de cuir noir qui lui donne un air de petite frappe plutôt incongru. Il a rencontré Abdel Halim en 1951 et ne l'a jamais quitté. Avec Mohamed Abdel Wahab, le grand réformateur de la musique arabe, ils ont fondé Sawt Al-Fan en 1960. C'est lui enfin qui a ramené le corps d'Abdel Halim de Londres où il s'est éteint le 30 mars 1977. Au sujet du chanteur, Amroussi est intarissable, mais il refuse de chiffrer le nombre de cassettes qu'il vend: «Tout ce que je peux vous dire, c'est que c'est plus qu'Oum Kalsoum.» Rien n'est moins sûr. Il y a quatre mois, la famille d'Abdel Halim lui a intenté un procès pour récupérer les droits des chansons. Les héritiers estiment que Sawt Al-Fan vend chaque année quelque 1,5 million de cassettes du chanteur, ce qui, d'après leurs calculs, représente 11 millions de francs de bénéfices dont ils ne voient pas la couleur l

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