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الجمعة، 26 يوليو، 2013

Wadï Essafi : «Abdelhalim a empêché Abdelwaheb de collaborer avec moi!»


A 75 ans, sa voix pure, ample et inaltérable continue d’écumer les théâtres et salles de chant tel un rossignol immortel, c’est la voix du Liban, celle du chant qui ne s’essouffle jamais et enchante les mélomanes les plus avertis.




En Tunisie, Wadï Essafi s’est rendu célèbre par Alaylou ya Layla ou Andek Bahria ya Raies. Cette dernière est la seule chanson que lui avait composée Mohamed Abdewaheb. Lui préfère d’autres perles sorties de ses entrailles chaudes et inspirées : Tal essabah; Ghabet échams; Endok bah et béït et «Sarkhat batal.

De son vrai nom Wadï Francis, il est né il y a 75 ans à Niha Echouf, près de Dir El Qamar, au Liban. Il était né pour le chant «comme d’autre naîtraient pour la beauté», insiste-t-il.

Il effectua ses débuts en 1938 à la Radio libanaise. Il deviendra artiste professionnel en 1944, lorsqu’il joua au Caire dans un film après des concerts organisés au Brésil et aux Etats-Unis d’Amérique.

Il a été admis sur un test à Radio-Beyrouth. Le secret de la réussite, à son avis, a été de ne pas mêler foyer et chant, vie familiale et carrière artistique. «Cela m’a permis d’avoir une vie conjugale sereine d’autant que ma femme est une proche de ma famille», confie-t-il.

Mon ange gardien

Ce mariage a donné six enfants, tous exerçant en dehors des milieux artistiques. Sauf George qui lui a servi de compagnon dans ses tournées. «C’est mon ange gardien qui se tient derrière moi parmi ma troupe musicale, reprenant sur son violon mes compositions. C’est aussi mon médecin quand je me sens malade ou fatigué», raconte Wadï Essafi. Un surnom qui lui a été donné par le jury qui l’a auditionné à la Radio lors de son premier test, réussi du reste, en reconnaissance à la pureté de son timbre vocal. Un jury qui était composé d’Albert Adib, Michel Khayat et Sami El Hélou. La première chanson qu’il avait interprétée était Wayhak ya kalbi composée par Michel Khayat. Son premier salaire a été de… trois lires libanaises.


Il se produisit pour la première fois sur la scène du Casino Essaâda sur lequel avaient effectué leur baptême du feu Sabah et Nozha Younès.

Mohamed Selnane a jeté les armes !

Comme cela se produit souvent, une vive rivalité l’opposa à ses débuts au chanteur Mohamed Selnane : qui des deux était réellement le premier chanteur du Liban ?


Une chanson allait lui valoir le titre et le succès fulgurant : Allouma… allouma… allouma.


Par la suite, le chanteur Mohamed Selnane allait arrêter de chanter pour se consacrer à la réalisation cinématographique où il va exceller.


Lorsque la télévision libanaise lui demanda pourquoi il avait mis fin à sa carrière de chanteur, Mohamed Selmane avouera : «Après avoir écouté la voix de Wadï Essafi qui a tout balayé sur son chemin, j’ai décidé de jeter les armes pour lui laisser le champ libre». Une façon de reconnaître que le nouvel astre était invincible et qu’Essafi n’avait en fait guère de concurrent à sa mesure.

La voix de Abdelhalim et celle de Abdelwaheb


Wadï Essafi n’a au fond jamais aimé les projecteurs des studios de cinéma et la longue attente qu’impose le tournage des scènes et l’effort exigé par leur répétition : «Je n’ai jamais apprécié le 7e art, où l’on me proposait des rôles dont je n’ai aucun rapport, reconnaît-il. Qu’ai-je à faire avec Shakespeare et tous ces personnages encombrants?», ajoute-t-il.

Malgré tout, il fera sa première apparition sur le grand écran en 1947 dans le film Zahra, à côté de Bahija Hafedh et Ahmed Mansour dans une réalisation de Hassine Fawzi. Suivra Nar échouk en 1970, avec Sabah et Rochdy Abada, réalisé par Mohamed Salem. Puriste né, perfectionniste à l’envi et grand seigneur, il avouera avoir rarement trouvé du plaisir à entendre la voix de Abdelhalim Hafez : «Sa voix était insuffisante pour en faire la grande vedette reconnue par tous. Ce qui a construit son succès, ce sont sa forte personnalité et sa profonde sensibilité artistique», estime Wadï Essafi.

«En Orient, il n’y eut jamais un aussi grand artiste que Mohamed Abdelwaheb : il possédait la voix et la science de la composition», tranche-t-il. Seule Najeh était loyale... Feyrouz jalouse !

On applique péjorativement à ce grand bonhomme le surnom de «Wadï El Mouhajer» (Wadï l’immigré) pour signifier qu’il n’a jamais eu une patrie d’adoption où il s’était durablement installé. Commentaire de Wadï : «Je ne suis pas un immigré, je suis le Liban que je prends avec moi là où je vais, là où je me produits; je cultive son souvenir et son patrimoine partout où je voyage. A chacun de mes déplacements je parle de mon pays et chante pour le Liban. Cela vaut en tout cas mieux que de moisir sous les bombes et les obus et de me faire bêtement avoir par un coup mortel d’une arme à feu comme cela était malheureusement arrivé à beaucoup de gens».

Wadï Essafi révèlera avec du recul qu’à un certain moment, il a été la cible des combines de Feyrouz, les Rahabani, Sabah... «Pourquoi étaient-ils jaloux de moi? Je n’en sais rien. Sur scène, ils me posaient des peaux de banane. Je dois admettre que la seule artiste à avoir été loyale à mon endroit a été Najah Salam», observe-t-il. D’ailleurs, il considère Feyrouz, Sabah et Nasri Chams-Eddine comme de simples exécutants, mais non de vrais artistes... Les artistes qui répondent au critère du tarab ont pour noms, estime-t-il, Najeh Salam, Souad Mohamed, Feïza Ahmed et Warda, quand bien même cette dernière ne possède pas le feeling oriental. «Elle a, en effet, longtemps vécu en France, s’imprégnant de la culture occidentale. Et cela lui sert d’excuse. La plus belle voix reste dans l’absolu celle de Najeh Salem».

Wadï Essafi a chanté pour Férid Latrache une chanson intitulée Alla allah téoud, considérée comme l’une des plus belles, reconnaîtra-t-il. Férid a vécu comme un courageux combattant, il est mort grand artiste».

Les années de guerre

Durant la guerre du Liban, à partir de 1975, Wadï Essafi a passé les premiers mois sous les obus dans sa villa d’El Hazimya. Il a dû fuir ensuite au Caire où il passa trois mois, avant de s’installer un an à Londres.


Croyant la situation revenue à la normale, il rentra à Beyrouth où il constata au bout d’un mois que la guerre ne s’éteindra jamais, ce qui l’obligea à rebrousser chemin. Un autre année passée en Angleterre, puis un petit saut à Paris où il vivra longtemps.


5.000 chansons !


Wadï passe pour être un inégalable joueur de luth: «J’ai appris à le jouer d’Alexis Ladhekani avant d’avoir comme enseignants à la Radio, Michel Khayat, puis Selim El Helou», se souvient-il.

Il possède cinq mille chansons, selon ses propres estimations : «Je veille toujours à choisir les paroles, à les changer s’il le faut. Le parolier reste dans les coulisses, alors que c’est le chanteur qui essuie les sifflets d’un échec, si une œuvre ne plaît pas au public», remarque-t-il.

Le souhait de Wadï consista longtemps à revenir dans son village natal de Niha Echouf : «Je voudrais y terminer ma vie comme un simple paysan. Une vie familiale à cent pour cent.

La guerre du Liban a fait beaucoup de victimes innocentes. Les gens de bonne volonté ont été impuissants devant les dérives de la haine et de la violence aveugle. Un frère tuant son frère, voilà à quoi ressemblait cette guerre sordide!»

Enfin, révélation de Wadï Essafi: «Abdelhalim Hafez a empêché Mohamed Abdelwaheb de composer pour moi pour préserver la collaboration qui existait entre eux. Il m’a juste composé Andek bahrïa ya raïés, une chanson classique qui n’a rien d’original et dont il existe des tonnes du genre. Quand il a fallu passer à autre chose, Abdelwahab a été vaincu par Abdelhalim qui refusait qu’on puisse partager avec lui, l’inimitable inspiration du Musicien des génération», se rappelle Wadï.


Tahar Melligi

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