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الجمعة، 26 يوليو، 2013

LES MONSTRES SACRES DE L’ORIENT Kamel Ettaouil : un musicien au Parlement




Kamel Ettaouil n’a pas eu le temps d’être félicité par ses pairs et amis pour le prix du mérite de l’Etat égyptien qu’il reçut en considération pour sa longue carrière de musicien émérite.

En effet, la mort l’avait emporté au moment même où il prenait du recul par rapport à une vie artistique pleine et parfois même agitée.




Sur les traces de son pèreSon fils, Ziad, lui aussi musicien, raconte la longue souffrance du dernier des Mohicans. «Mon père a passé des mois à lutter courageusement contre la maladie. Pourtant, le dernier jour de sa vie, nous avions senti qu’il s’éteignait à petit feu. Nous avions appelé le médecin qui décida de l’envoyer d’urgence au service de réanimation. Malheureusement, son cœur s’arrêta de battre dès son admission dans ce service».

Le musicien Helmi Bakr rappellera, de son côté, que Ettaouil lui avait fait connaître Leïla Mourad et que c’était lui qui a convaincu la cantatrice de reprendre le chant. Kamel a été le promoteur de beaucoup de talents. Malheureusement, l’Etat n’a pas suffisamment suivi la situation aussi bien physique que médicale de ce virtuose. A la fin de sa vie, il refusait de rencontrer qui que ce soit. Il éprouvait, en effet, une profonde amertume.




Qui est Kamel Ettaouil?Kamel Ettaouil est le fils de Zéki qui a terminé sa longue carrière administrative et politique aux fonctions de secrétaire d’Etat aux Affaires du Soudan.

Au moment où la scène artistique était dominée par Mohamed Abdelwaheb, Ryadh Essombati, Férid Latrache, Zakaria Ahmed et Mohamed El Kassabgi, Kamel Ettaouil a mené une véritable révolution musicale en compagnie de Mohamed El Mougi. Ses compositions pour Abdelhalim Hafedh ont constitué une source d’inspiration pour beaucoup d’autres artistes.

Né le 11 octobre 1923 au Caire, Kamel Ettaouil a appris la musique des mains de Mohamed Salaheddine et Ahmed Khaïret.

Au Conservatoire de la musique arabe du Caire, il eut pour camarades de classe Abdelhalim Hafedh, Ali Ismaïl, Fayda Kamel et Ahmed Foued Hassen.

A la fin de ses études, Kamel Ettaouil exerça en tant que fonctionnaire au service musical de la radio cairote jusqu’en 1954.

Après Ala kad échouk, il composera pour Abdelhalim La taloumni, Hallifni et Sodfa. Il a été l’un des rares artistes à intégrer le Parlement égyptien où il fut à l’origine de plusieurs propositions et initiatives, menant une bataille féroce contre la corruption et l’enrichissement facile.




Ettaouil interdit à la Radio!Kamel Ettaouil raconte que le premier texte qu’il composa a été Douaâ (prière), un texte que son père conservait jalousement parmi d’autres textes religieux. Fayda Kamel allait le chanter. Et ce sera le chant de ralliement des soldats égyptiens pendant la guerre de Palestine.

Il relate également qu’un jour il vit cinq officiers de l’armée frapper à la porte de sa chambre dans une pension et lui demander de ne pas aller à la Radio où il travaillait pourtant. La décision venait de Nasser qui allait assurer la direction de l’établissement après le départ du premier responsable, Salah Salem, au Soudan.

Kamel Ettaouil a été muté au ministère de l’Enseignement «en raison du danger qu’il représente à la Radio», pouvait-on lire dans le texte de la décision de sa mutation. Notre bonhomme préféra sur le coup démissionner.




Des histoires d’amour imaginaires !Kamel Ettaouil, dans une interview au journal cairote Akhbar El Youm, explique les raisons de la détérioration des rapports avec Halim en insistant sur la recherche constante de celui-ci d’intervenir dans ses compositions : «C’était plus fort que lui, admettra Ettaouil. Et c’est pourquoi j’ai décidé d’arrêter ma collaboration avec lui, sauf pour ce qui concerne les chansons patriotiques». Le grand artiste confiera qu’il n’a jamais perçu de l’argent pour ses compositions de la part de tel ou tel chanteur : «Tout ce que j’ai perçu, je le dois aux sociétés d’enregistrement et de commercialisation des disques. D’ailleurs, le président Nasser a ordonné de m’allouer une récompense de 5.000 livres pour ma composition de Wallah zamen ya silahi, qui allait devenir Assalam al watani (l’hymne national). Pourtant, je n’ai jamais reçu cette récompense».

Kamel Ettaouil justifie son boycottage de la télévision égyptienne par le fait qu’elle ne diffuse que ce qui lui plaît.

Enfin, parlant de son compagnon de route Abdelhalim Hafedh et des nombreuses idylles d’amour que les journaux lui attribuent, Kamel Ettaouil a admis ceci : «Ces histoires sentimentales sont dans leur majorité le fruit de sa propre imagination.

Pourtant, il y croyait au fond, croyant qu’elles allaient lui donner une motivation supplémentaire lorsqu’il chante l’amour».


Kamel Ettaouil… son obsession : tirer la musique arabe des profondeurs du carcan

Kamel Ettaouil n’aura pas quitté ce bas-monde sans avoir au préalable reçu un dernier témoignage d’estime et de considération, le prix de l’Etat égyptien décerné aux plus grands artistes arabes. Même si le long et inégal combat contre la maladie ne l’aura pas épargné, ne lui laissant même pas le temps de répondre aux félicitations de ses amis et de tous ceux qui l’adorent après cette dernière distinction.

Il a tout de même éprouvé une fierté certaine à recevoir le Prix d’estime de l’Etat égyptien venu en fait couronner l’ensemble de son œuvre et saluer, de son vivant, un musicien et compositeur hors du commun et dont le travail a été placé, de façon quasi obsessionnelle, sous le signe de l’inédit et de l’innovation.

Avec les géants
Pionnier, Kamel Ettaouil a été une sorte de citadelle protégeant la musique arabe contre la médiocrité et le produit-sandwich.

Son père, Mahmoud Zaki Ettaouil, a eu un long parcours politique et administratif, assumant une dernière charge de secrétaire général du ministère des Affaires du Soudan. A sa retraite, il fit office de conseiller en architecture auprès d’une grande société : «Mon père a longtemps refusé l’idée que je puisse travailler dans le domaine musical», se souvient Kamel. «Mais à l’arrivée, il a cru en mon potentiel et m’a encouragé». 


Ayant fréquenté les géants de l’époque, Mohamed Abdelwaheb, Ryadh Sombati, Zakaria Ahmed, Mohamed Kassabji, Férid Latrache, l’invité de notre rubrique conduisit une étonnante révolution musicale au côté de Mohamed El Mougui et Baligh Hamdi.

Conflit de générations
Un conflit de générations avait, en effet, opposé sur le terrain du chant et de la musique ce trio. «Gardiens du temple», les géants de la musique cités plus haut étaient jaloux de défendre une certaine orthodoxie.

Les œuvres reprises par Abdelhalim Hafez établirent la popularité de Kamel Ettaouil. Cette collaboration débuta en fait dans le répertoire du chant nationaliste. «Inni malaktou zimami bi yadi» (J’ai pris mon destin entre mes mains), écrit par Maâmoun Chennaoui, signa le début d’un duo vite bouleversé par les malentendus et l’incompatibilité d’humeur.

Qui est Kamel Ettaouil?
Né lé 11 octobre 1923, Kamel Ettaouil fréquenta l’école primaire «El Ouramane». Il est le fils de Mahmoud Zéki Ettaouil, Al Mohandess.

A l’école, Kamel Ettaouil compta des amis de classe nettement plus âgés que lui. Un de ses camarades d’études dut même rentrer précipitamment dans son village à l’annonce de la mort de son père qui était «Omda» du patelin pour lui succéder de suite dans cette fonction.
Les enseignants de musique avaient pour noms : Mohamed Salaheddine et Ahmed Khaïrat. 
Au lycée Essaydia, Kamel démontra une attirance pour la peinture plutôt que pour la musique.
En 1944, il s’installa chez son oncle à Alexandrie où il suivit des cours libres à l’institut de musique, dont le directeur, Abbas Jamjoum, exerça longtemps sur lui un formidable attrait.
Kamel Ettaouil fit alors la connaissance du chanteur Abbès El Belidi et du compositeur Raouf Dhehni.

En écoutant les chants des marchands ambulants, il apprit sur le tas, dans la rue, des chefs-d’œuvre de Sayed Derouich qui faisaient alors fureur.
Rencontre avec Abdelwaheb

De retour au Caire, en rendant visite à son copain Raouf Dhehni, qui était en fait le secrétaire de Mohamed Abdelwaheb, il fit la connaissance du musicien des générations.
Les rencontres à l’Institut de musique furent du genre très enrichissant avec Abdelhalim Hafedh, Fayda Kamel, Ahmed Foued Hassen. A sa sortie de l’institut de musique en 1949, Ettaouil a pu mesurer ce qui lui restait à faire. Insatisfait des cours théoriques prodigués, il s’enhardit à apprendre à jouer le luth, le piano...

Il débutera sa carrière professionnelle en tant qu’employé au département musical de la Radio du Caire (1950-1954). Il put ainsi répertorier tous les genres musicaux qu’il proposait aux auditeurs dans l’émission «Le monde de la musique». En même temps, il composa pour Mohamed Kandil les chansons Al gouria et Al Iskandaria et pour Adbelhalim Hafez Likaa et Ala Kad échouk. En plus d’une chanson pour la regrettée Souad Makkaoui.

Ala kad échouk, le révélateur
Le succès retentissant du tube Ala kad échouk conduisait Ettaouil à se consacrer exclusivement à la composition. En ce temps-là s’exerçait sur Abdelhalim Hafez l’attrait irrésistible des projecteurs du cinéma.

Notre musicien trouva ainsi matière à lui composer La taloumni, Halifni, Sodfa, repris dans les films de Halim. 

Pour Oum Kalthoum, il mettra en musique Walla zamène ya slahi qui servira par la suite d’hymne national à la République Arabe Unie (RAU) entre 1956 et le milieu des années 70. Il composa également pour Leïla Mourad Lih Khaletni ahebbak, pour Chadia et Abdelghani Essayed aussi. 

Kamel reprend ses études !
Surprise : en 1965, au faîte de la gloire, Kamel Ettaouil s’en alla dire à Abdelhalim : «Basta, j’arrête de composer !» Plus tard, il expliquera sa surprenante décision ainsi: : «J’étais frustré, meurtri même, par la dimension purement locale de la musique arabe. Alors que celles hindoue et espagnole prenaient une envergure internationale, la nôtre était toujours restée confinée dans des frontières étroites. Cela devait à tout prix changer !»

Premier moyen de faire évoluer les choses : Kamel Ettaouil décida de reprendre ses études, en rejoignant les cours réservés aux professionnels au conservatoire qui venait alors d’ouvrir ses portes.

Une décision qui en étonna plus d’un, mais que son auteur justifia par la nécessité d’apprendre encore, d’ouvrir devant lui de nouveaux horizons, de se recycler. Bref, le goût de la découverte.
Surpris, le directeur du conservatoire Aboubaker Khaïrat accepta en fait du joli monde dans son établissement. Ettaouil était en effet en bonne compagnie : Baligh Hamdi, Foued Helmi et Mahmoud Cherif... Tous sur les bancs d’études ! Pourtant, un tantinet provocateurs, les enseignants allaient «chambrer» les vedettes professionnelles et finir par les inviter devant les jeunes étudiants. 

L’un après l’autre, ils se retirèrent des cours, vexés par tant de froides humiliations. Ettaouil ne s’éternisera donc pas au conservatoire malgré toute sa bonne volonté.

Un rude examen face au public 
Notre artiste cherchera ainsi à l’âge de la maturité à sortir des sentiers battus et à rompre avec les expressions artistiques en vogue qui «ont jeté bien bas le goût des gens». Il avouera ainsi que «la composition restait pour lui un rude examen vis-à-vis du public des mélomanes. Soit le plus difficile à réussir, le plus incertain aussi». Il aura été l’un des rares artistes à franchir les portes du Parlement, devenant député et participant à la réflexion sur l’avenir de son pays. Il mena ainsi une croisade contre la corruption et contre le diktat croissant des banques et sociétés financières.
Avec Abdelhalim : collaboration interrompue

A propos de ses relations avec Abdelhalim Hafez, Kamel Ettaouil a reconnu un jour : «Nous avions bel et bien effectué nos débuts artistiques tous deux ensemble. Malheureusement, chaque fois que je lui composais une chanson, Halim y fourrait son nez, voulant changer un accent par-ci, une note par-là. Je sais qu’il ne le faisait pas exprès et que cela procédait de sa propre nature. Mais à partir de là, à l’exception des chansons patriotiques, j’ai décidé d’arrêter purement et simplement notre collaboration», raconta-t-il.

Autres aveux croustillants de l’une des figures marquantes de l’histoire de la musique arabe :
«Je n’ai jamais perçu le prix de mes compositions auprès d’un chanteur. Tout ce que j’ai gagné, je le dois aux maisons d’édition et à la radio». Ou encore, en évoquant la légende de la vie sentimentale fort mouvementée de Abdelhalim Hafez : «La plupart des histoires d’amour qu’on lui attribuait n’étaient point véridiques. Elles étaient le fruit de sa propre imagination. Pourtant, il se pliait au jeu, son propre jeu en fait, et croyait à ces histoires. Tout simplement pour se donner un peu plus de force, de naturel, de spontanéité et de sincérité chaque fois qu’il doit chanter l’amour.» Il a longtemps cherché à innover, à apporter d’autres sensations, une autre façon de percevoir et concevoir la musique arabe. Son obsession était de voir celle-ci accéder un jour à une dimension internationale, universelle parce que les frontières étroites dans lesquelles elle s’était laissée emprisonner lui enlevaient une grande part de sa majesté et de sa magie.

Sans doute apporta-t-il sa contribution pour sortir le chant arabe d’un certain carcan, seule l’histoire pourrait juger de l’influence et de la profondeur de l’empreinte qu’il aura laissée.

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